Le Centre hospitalier Daumezon et L’Etape, partenaires de l’habitat inclusif

Nos deux structures ont répondu à l’appel à candidature du Département pour proposer un projet d’habitat inclusif pour des personnes en situation de handicap psychique, en 2019. Objectif : construire le projet d’habitat inclusif avec les personnes elles-mêmes !

Marc Le Crâne, cadre de santé au CH Daumezon, nous explique les contours de ce partenariat.

 

Qu’est-ce que l’habitat inclusif ?

Le Département de Loire-Atlantique a lancé un appel à candidatures « Habitat inclusif » pour des personnes en situation de handicap, en 2018. Les réponses présentées devaient soutenir 2 axes :

  1. Soutenir la vie autonome sans être seul
  2. Favoriser l’inclusion dans la cité

L’Etape a présenté 2 projets dont celui en partenariat avec le Centre hospitalier Georges Daumezon. Il offrira 10 places pour des personnes en situation de handicap psychique, dans le Sud-Loire. Il sera déployé à partir de 2019.

 

 

Interview de Marc Le Crâne, cadre supérieur de santé au Centre hospitalier Georges Daumezon.

« Selon vous, en quoi l’habitat inclusif peut être une réponse adaptée ?

Le Centre hospitalier Daumezon a connaissance, au sein de la file active, de patients accompagnés pour lesquelles le soutien hospitalier est certes nécessaire mais pas suffisant. S’il permet de sécuriser le maintien à domicile, il ne permet pas de mieux accompagner la personne « vers la cité », d’alimenter un réseau autour d’elle. Et ce n’est pas qu’une question de moyens, mais d’approche. Au vu des symptômes (apragmatisme, isolement, précarité), l’habitat inclusif pourrait améliorer la qualité de vie globale ces personnes.

 

Pourquoi avoir répondu à l’appel à candidature en partenariat avec L’Etape ?

Notre établissement n’a pas l’habitude de répondre à un appel à candidature. C’est une pratique très peu développée dans la psychiatrie. Sur ce point, ce projet était déjà original !

Avec L’Etape, on avait travaillé ensemble sur la création du GEM Sud-Loire (Groupe d’Entraide Mutuelle). Ça s’était fait avec simplicité et réactivité. On s’est vite retrouvé sur des valeurs communes que l’on a pu expérimenter concrètement. Par exemple : la reconnaissance et le respect de l’autre (du partenaire, des personnes accompagnées), l’engagement dans la durée, ainsi que la place centrale du projet de vie des personnes dans les discussions.

Quand la synergie se fait entre professionnels, elle ne peut qu’être bénéfique aux personnes accompagnées.

Ce travail en commun nous a permis de gagner en confiance. Alors proposer ensemble au projet d’habitat inclusif s’est fait dans la droite ligne.

Et pour nous, Centre hospitalier, travailler avec le secteur associatif nous ouvre une autre fenêtre, une fenêtre différente sur la société et d’autres approches, comme l’habitat inclusif. Il nous fait « sortir de nos chapelles », faire un pas de côté, confronter nos cultures sanitaires et médico-sociales.

Enfin, répondre ensemble à l’appel à candidature fait vivre le réseau au-delà des personnes. Il engage nos institutions réciproques et nous permet de structurer nos liens.

 

Quelles sont les perspectives à court et moyen termes du projet ?

Aujourd’hui, nous prenons le temps de travailler le projet de manière plus opérationnelle. Le projet initial a été élaboré en petit nombre et dans le temps relativement court de l’appel à candidature en 2018. Nous le confrontons aux autres parties prenantes, à un cercle, qui va s’élargir au fur et à mesure, le Conseil départemental, le bailleur social, les référents du projet, le coordinateur sans oublier les futurs habitants. Ils auront très vite des espaces pour participer à l’émergence de l’habitat inclusif. Pendant cette phase d’appropriation par chacun, nous sommes vigilants à ne pas diluer l’essence de ce projet. Il doit être au plus proche des besoins des personnes, et ce sont elles qui auront leur mot à dire ! »